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La spirale des addictions

Chacun à ses petits pêchés, plus ou moins mignons : le chocolat, l’alcool, le tabac, le jeu… Certains vont être des fumeurs occasionnels en soirée et d’autres se réveilleront la nuit pour assouvir leur besoin de nicotine… Comment sortir de la spirale des addictions ? Je vous propose quelques pistes de réflexions dans cet article.

addictions tabac et marijuana

Comment se définit une addiction ?

L’addiction se caractérise par l’impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives. En d’autres termes, une personne fume 2 paquets de cigarettes par jour, elle sait que cela nuit gravement à sa santé et à celle de son entourage…et pourtant, chaque matin, elle se lève et recommence à fumer !

Il existe des addictions à des substances dites psychoactives comme l’alcool, le tabac, les somnifères, les anxiolytiques ou encore la marijuana. Il existe également des addictions dites comportementales comme les jeux de casino, les jeux vidéos, la TV, les sports extrêmes, le sexe,…


Quel est l’état des lieux en France ?

Chaque année, la consommation de substances psychoactives est responsable en France de plus de 100 000 décès évitables par accidents et par maladies, dont près de 40 000 par cancers.

Comment expliquer le phénomène de dépendance ?

Le phénomène de la dépendance se caractérise par un changement du mode de fonctionnement du système nerveux central (SNC). Habituellement, nos 5 sens perçoivent des informations de leur environnement et les véhiculent jusqu’au cerveau. Celui-ci les « traduit » et sélectionne parmi la grande variété de réponses comportementales celle qui est la plus adaptée à la situation de l’instant.

Phénomène de l’addiction

Il est possible de séparer le phénomène de l’addiction en 5 étapes, comme l’explique très bien un article d’Alternatives Santé :

L’induction
Une substance ou un comportement sont ressentis comme source de plaisir sensoriel. On se sent subitement bien ou mieux. On enregistre cette sensation de satisfaction sensorielle et on la rattache à l’usage de cette substance ou à la pratique de ce comportement.

L’apprentissage
On intègre de façon consciente mais non rationnelle les effets désirables et indésirables. Le désirable est de l’ordre du sensoriel : relâchement, mieux-être, euphorie, hallucinations, sentiment de puissance…

L’indésirable relève quant à lui de manifestations physiques telles que malaise, céphalée, troubles digestifs, …

La mise en place
Il y a comme un pouvoir amnésique des effets désirables sur les effets indésirables des drogues. Pour cette raison, la balance ressentis positifs / négatifs va jouer un rôle majeur sur la mise en place de l’addiction :
plus les effets indésirables seront intenses et durables, moins on sera tenté de recommencer l’expérience, le prix à payer pour connaître le mieux-être étant trop élevé.
Autre aspect à retenir : si l’effet désirable survient de façon rapide et que les effets indésirables se manifestent tardivement, on aura plus tendance à retenir l’effet désirable, minimisant l’importance des effets indésirables.

La phase de lutte

La personne est consciente de sa dépendance et cherche à retrouver sa liberté, mais à force d’échouer, elle devient de plus en plus nerveuse face à un sentiment grandissant d’impuissance. Afin d’apaiser quelque peu l’angoisse, elle cède de plus en plus facilement. Le cercle vicieux est désormais en place.

La phase d’acceptation

Avec le sentiment d’être incapable de lutter, la personne en vient même à s’opposer au soutien que veulent apporter proches et soignants. C’est une phase de consentement.

Que ce soit arrêter de fumer, de boire, de grignoter, de prendre des somnifères, de faire du sport à outrance ou de collectionner les timbres-poste, être dépendant ou complètement accro peut avoir des conséquences sur la santé, l’entourage, le travail. Voyons quelques pistes d’accompagnements alternatifs et complémentaires.

Comment reconnaître une dépendance ?

Pourvu que l’on soit suffisamment sincère avec soi-même, plusieurs signes assez faciles à reconnaître souligne la dépendance :

1) L’obligation comportementale :
Lorsqu’une consommation dite « normale » ou occasionnelle /festive, se substitue une consommation régulière et ressentie comme indispensable… on peut y voir un premier signe d’alerte ! Parfois, les activités d’une personne se retrouvent focalisée et organisée afin de lui permettre d’assouvir ce nouveau « besoin ».

2) Le désir obsédant
Le souvenir exaltant ou/et la sensation d’échapper à la grisaille de la vie quotidienne connu au cours des premières expériences avec le produit addictogène incitent à retrouver le vécu de ces instants. Ainsi, à chaque nouvelle consommation, il y a une intensification du refus de la réalité, un éloignement de plus en plus grand et de plus en plus dramatique avec la vie réelle. La fiction prime sur l’authenticité.

3) La peur du sevrage
Penser à s’arrêter (« Il le faut, ce serait pour ma santé, pour mes finances, ma femme serait contente ! etc. ») induit un malaise et une sensation de manque qui conduit à renforcer la dépendance de façon inconsciente.

Bien que la rapidité d’installation, la sévérité et le processus évolutif de la dépendance diffèrent d’une drogue à l’autre, les conséquences cliniques à long terme sont similaires : altération de l’estime de soi et dégradation du lien aux autres. Seul le recours à la drogue produit un effet apaisant – de moins en moins intense et de plus en plus bref.

Comment soutenir et accompagner le sevrage ?

Avec bienveillance et non jugement me semblent être deux éléments clefs…

Dès qu’on a compris que toute addiction est une manifestation visible de l’insatisfaction d’un besoin essentiel, il est alors évident que la première étape est d’identifier ce besoin (être reconnu, aimé, entendu, désiré, etc.). Ensuite, il semble judicieux de répondre à ce besoin. L’aide d’un psychothérapeute peut alors être précieuses.

La pratique quotidienne du yoga a fait ses preuves ! Comment me direz-vous ? Le yoga ne se résume pas aux postures réalisées plus ou moins acrobatiquement dans les salles de fitness. L’association de respirations conscientes, de postures et d’exercices de santé, de méditations chantées ou non, de relaxation, tout cet ensemble produit des effets puissants !

Modes d’action : En renforçant le système nerveux, en participant à la régulation du système hormonal, en permettant la libération d’endorphines, en aidant à conscientiser des schémas comportementaux toxiques et à les transformer..:

Ne pas culpabiliser en cas d’échec : vouloir mettre fin à sa dépendance est un engagement qui, même pris avec le plus grand sérieux, est parsemé d’embûches. Un échec est à tout moment possible. Il faut le considérer comme l’occasion de renforcer sa volonté.

Combler les carences nutritionnelles en vitamines, oligo-éléments et anti-oxydants. La prise de magnésium peut faciliter cette période de sevrage. La sérotonine et la dopamine étant majoritairement synthétisées dans l’intestin, veiller à un bon fonctionnement de cet organe semble judicieux!

Au delà de la décision prise et de la force du mentale, la nature met à notre portée de nombreux outils efficaces. Utiliser la phytothérapie en soutien au sevrage : les plantes aux propriétés adaptogènes.

Elles sont l’élément clé pour le sevrage. Elles agissent, chacune à leurs façons, sur les déséquilibres nerveux. En cherchant à fortifier ou à régulariser l’activité nerveuse, elles entraînent aussi un effet de bien-être, souvent de façon durable. Parmi la cinquantaine de plantes aux vertus adaptogènes, voici les plus pertinentes face aux dépendances :

  • le ginseng (Panax ginseng),
  • l’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus),
  • la schizandra (Schizandra chinensis),
  • l’ashwagandha (Withania somnifera),
  • et surtout le kudzu (Pueraria lobata).

Les autres techniques d’accompagnement :

Il est possible d’avoir recours à l’acupuncture, technique réputée dans le sevrage tabagique. En effet, la pose de deux aiguilles sur le point précis de la vésicule biliaire (point Chiapi), permettrait elle seule à 70 % des personnes traitées de ne plus fumer.

On peut également penser à l’auriculothérapie qui donne d’aussi bons résultats. J’ai essayer personnellement cette technique il y a une dizaine d’année et j’ai été surprise de ressentir un apaisement nerveux vis-à-vis de mes dépendances de l’époque.

L’hypnothérapie et la sophrologie peuvent également accompagner le sevrage.

Le début de l’année est une période propice aux bonnes résolutions. Alors pourquoi ne pas vous libérer de vos dépendances ?